LES SANS-PAPIERS
DÉCLARATION DES ÉVÊQUES DE BELGIQUE
Pour des raisons les
plus diverses, notre pays héberge de nombreux réfugiés. Ceci constitue un
problème de société majeur. Nous pensons ici à ces personnes qui résident chez
nous depuis des années et qui se sont insérées socialement. Les évêques
rappellent ce qu’ils ont jadis déclaré à l’occasion de la manifestation HOP
(“Hoop Op Papieren” – “Espoir de recevoir des papiers”) d’Anvers. Ils sont solidaires avec les
sans-papiers et espèrent une solution rapide et humaine. La lenteur de
traitement de certains dossiers a rendu le problème encore plus aigu.
Les évêques comprennent
que certains sans-papiers recourent à des “occupations d’églises” pour porter
leur détresse à l’attention du grand public. Ils acceptent que cela se fasse,
si les responsables locaux ont donné leur accord. Ceci a pour objectif de
donner un signal fort et est donc temporaire. On ne peut interpréter cela comme
une forme de chantage moral de l’Eglise sur les politiciens. Le problème est avant
tout humain et en appelle à la conscience de chacun. Les évêques ne veulent rien
d’autre que de s’associer à un tel appel.
Les évêques
n’admettront pas que ce faisant, ils soient instrumentalisés ou manipulés par
quelque parti que ce soit. Ils tiennent à conserver leur liberté de parole.
En
aucun cas, les évêques ne peuvent admettre des grèves de la faim dans les
églises comme moyen de pression.
Les évêques rappellent
encore que les bâtiments d’église ne sont pas les lieux les plus appropriés
pour des actions de ce genre. Il est donc préférable que les curés et fabriques
d’église mettent à disposition d’autres espaces en leur possession pour
accueillir ces personnes.
La régularisation des
personnes sans-papiers est avant tout une question politique. Elle demande donc une réponse
politique. Telle est la mission de tous nos politiciens. Il s’agit cependant
également d’un drame humain et celui-ci est l’affaire de tous. Les évêques
s’expriment ici en tant que responsables de l’Eglise catholique en respectant
pleinement la séparation entre l’Eglise et l’Etat. Ceci ne les empêche pas de
demander aux politiciens à qui il appartient de solutionner ce problème, de
mettre tout en oeuvre pour trouver une solution politique à ce drame humain.
Qui sera régularisé et comment, est une question politique qui doit recevoir
une réponse politique, mais la situation humaine nous concerne tous.
Les évêques sont conscients
que le dossier politique n’est pas évident à gérer. Pour autant, ils ne peuvent se
réfugier dans le silence, ou pire l’indifférence. Il en va de même pour toute la
société. Les évêques savent également que certaines de ces personnes sont des
réfugiés économiques. Ce problème existe à l’échelle européenne. Combien de
personnes notre pays peut accueillir et sous quelles conditions, est une
décision que la population doit trancher par la voix de ses représentants
politiques. Mais les évêques peuvent inviter à la générosité.
Les
Évêques de Belgique
11 mai 2006